Baromètre Phygital Workplace : la capacité d’apprentissage, véritable rareté
Le Baromètre Phygital Workplace Julhiet Sterwen fête ses 10 ans.
À cette occasion, nous lançons un cycle « 10 ans, 10 regards ». Son objectif ? Revenir sur les enseignements qui ont marqué cette décennie d’observation des transformations du travail.
Entretien avec Julien Lever, Managing Partner, et sponsor historique de l’étude, qui nous explique l’évolution de l’outil.
Pourquoi le Baromètre Phygital Workplace ?
Il y a dix ans, en pleine vague de transformation digitale, les entreprises investissaient massivement dans de nouveaux outils censés révolutionner la collaboration et la performance collective.
Pourtant, une question nous interpellait : pourquoi certaines transformations créaient-elles de la valeur alors que d’autres généraient surtout de la frustration ?
À l’époque, les entreprises mesuraient les budgets, les plannings ou les taux de déploiement. Très peu s’intéressaient à un indicateur pourtant essentiel : l’appropriation réelle des transformations par les collaborateurs.
C’est de ce constat qu’est né le Baromètre Phygital Workplace.
Notre conviction était simple. Les transformations sont souvent déclenchées par la technologie, mais elles sont toujours adoptées, ou rejetées, par les femmes et les hommes qui les vivent au quotidien.
Très vite, une évidence s’est imposée. La technologie n’était qu’une partie de l’équation. Les pratiques managériales, l’organisation du travail et la culture avaient souvent davantage d’impact sur la réussite d’une transformation que l’outil lui-même.
Pourquoi avoir intégré l’environnement de travail ?
Parce que l’expérience collaborateur ne peut être comprise que dans sa globalité.
Une fois les dimensions technologiques, managériales et organisationnelles intégrées à notre modèle, il nous a semblé indispensable d’y ajouter les espaces de travail.
Aujourd’hui, cette approche paraît naturelle, notamment depuis l’essor du travail hybride. Pourtant, elle était loin de faire consensus lorsque nous avons fait ce choix.
Nous avons été parmi les premiers à défendre une vision véritablement systémique de la performance collective.
Depuis dix ans, nos études montrent une constante : il n’existe pas de performance durable sans cohérence entre quatre dimensions essentielles :
- les technologies,
- les pratiques managériales,
- l’organisation du travail,
- l’environnement de travail.
Lorsqu’elles sont alignées, elles renforcent l’engagement, l’efficacité et la capacité d’adaptation des organisations.
Lorsqu’elles ne le sont pas, elles génèrent de la complexité, de la fatigue et, à terme de la démobilisation.
Quel est le principal enseignement de ces dix années ?
Un enseignement revient avec une remarquable régularité : les transformations technologiques avancent toujours plus vite que les transformations humaines.
Nous l’avons observé lors de la vague digitale, puis avec le cloud, les nouveaux modes de collaboration et aujourd’hui avec l’intelligence artificielle.
À chaque révolution technologique, le même risque apparaît : voir se creuser un écart entre ceux qui maîtrisent rapidement les nouveaux usages et ceux qui peinent à suivre.
C’est ce que nous appelons désormais le Learning Gap.
L’édition 2026 du Baromètre montre d’ailleurs que les managers se sentent significativement mieux préparés à l’IA que leurs équipes.
Le véritable enjeu pour les entreprises n’est plus d’accéder aux technologies. Elles sont désormais accessibles à tous.
L’enjeu devient la capacité collective à apprendre.
Dans un monde où l’innovation se diffuse toujours plus vite, l’avantage concurrentiel durable ne viendra plus seulement des outils déployés, mais de la capacité des organisations à faire progresser l’ensemble de leurs collaborateurs au rythme des transformations.
Après dix ans d’observation, notre conviction est plus forte que jamais :
Les entreprises n’ont jamais eu autant accès à la technologie.
La véritable rareté devient aujourd’hui la vitesse d’apprentissage collective.
Et c’est probablement l’un des plus grands défis auxquels les COMEX devront répondre dans les années à venir.
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